Domino du Raynal, le "Grey Risk" payant de Sébastien Constant

09/11/2020
Écarté des pistes durant plus d'un an et demi, Domino du Raynal n'a pas manqué sa réapparition ce dimanche, en s'imposant très plaisamment sur le parcours de cross de Mont-de-Marsan. Un fils de Grey Risk élevé par l'E.A.R.L du Raynal de Sébastien Constant, l'un des artisans de l'arrivée du fils de Kendor comme étalon, à Aurillac, en 2009, ensuite très plébiscité par les éleveurs locaux, notamment d'Anglo-Arabes.   

Domino du Raynal, lors de sa première victoire à Auch avec Clément Cadel (© Facebook La Ferme du Raynal)

 

Pur produit de l'élevage cantalou de Sébastien Constant, Domino du Raynal a fait une rentrée victorieuse hier, à Mont-de-Marsan, après plus d'un an et demi d'absence et ce dès sa première sortie dans la discipline du cross, à l'occasion du Grand Prix Dynavena - Cérès. Un succès qui a dû faire énormément plaisir à son partenaire du jour, Anthony Beaudoire, qui décroche là le cinquième "bâton" de sa saison 2020, son entraîneur-propriétaire palois, Jean-Pierre Daireaux, installé sur le centre d'entraînement de Sers, du côté de Pau, ainsi que son éleveur arnacois, Sébastien Constant, l'un des responsables à l'époque, avec une quinzaine d'éleveurs auvergnats, de l'arrivée du père de Domino du Raynal, Grey Risk, comme étalon à Aurillac, dans l'ancienne station de monte des Haras Nationaux.

 

Sébastien Constant, éleveur de Domino du Raynal

 

Placé à l'arrière garde par son jockey durant la première partie de parcours, avant de pointer au sixième rang à la mi-course, tout en se montrant globalement appliqué dans l'ensemble de ses sauts, Domino du Raynal s'est ensuite annoncé en quatrième position dans le tournant final, à portée de fusil des animateurs. Il leur a porté l'estocade sitôt l'ultime haie franchie et a bien accéléré sur le plat pour parvenir à remonter Bohort des Arachis (Traditionally), deuxième devant Aurfevre (Le Balafré), qui doit se contenter de la troisième place après avoir longtemps fait illusion pour un meilleur classement.

 

Au poteau, Domino du Raynal et Anthiny Beaudoire devancent Bohort des Arrachis et Erwan Bureller dans ce Grand Prix Dynavena - Cérès de Mont-de-Marsan

 

Aujourd'hui âgé de 6 ans et passé par le Grand Show Anglo de La Teste en 2016, Domino du Raynal est le troisième produit de Dirladada, une fille d'Iris de la Brunie classée quatrième en plat du Prix Louis de Clavières à Aurillac en débutant. Cette dernière n'est autre que la soeur de deux vainqueurs : The Fast, lauréat du Critérium de Tarbes et deuxième du Prix du Ministère de l'Agriculture à 25% à 3 ans en plat, également vainqueur sur les haies paloises et le steeple dacquois à 4 ans, mais aussi Djenelina, gagnante en plat de l'Omnium des Juments de Tarbes puis en osbtacle du Prix Floraline III, à Dax. Tous ces derniers sont issus de la bonne Diane de Valois, victorieuse de la Poule d'Essai à 25% de La Teste et du Critérium de Tarbes, devenue ensuite poulinière à l'E.A.R.L du Raynal, structure d'élevage animée par Sébastien Constant et située donc à Arnac, dans le Cantal.

 

Dans les prés de Sébastien Constant, à l'E.A.R.L du Raynal, dans le Cantal

 

Cet enfant du pays, et un collectif d'une quinzaine d'éleveurs de sa région de l'Auvergne, ont décidé en 2009 d'acheter par leurs propres moyens un étalon et de le placer en pension à feu la station des Haras Nationaux d'Aurillac, afin d'éviter aux éleveurs souhaitant emmener leurs juments à la saillie d'avoir à payer chaque année d'importants frais de déplacements en raison de leur éloignement géographique. Un choix qui s'est porté sur Grey Risk, un fils de Kendor sorti vainqueur du Prix de Saint-Patrick (L.) à Longchamp puis du Prix Messidor (Gr.3) à Maisons-Laffitte dans la foulée, pour le compte de l'Écurie Bader et de l'entraîneur cantilien Philippe Demercastel.

 

Grey Risk, le père de Domino du Raynal

 

Un compétiteur ultra régulier, ayant terminé dans l'argent à 12 reprises en 17 sorties publiques, qui est aujourd'hui le père d'une petite centaine de gagnants, et ce dans les deux disciplines du galop, aussi bien en France qu'outre-Manche, soit chez les "purs" ou les Anglo-Arabes ! Un éclectisme à toute épreuve mis notamment en exergue par Grey Glitters, vainqueur en plat du Grand Prix de Clairefontaine (L.) en plus d'une deuxième place dans le Prix de Lutèce (Gr.3), à Longchamp, mais surtout par le champion aux 11 victoires en obstacle, Thousand Stars qui, sous la férule du génie irlandais Willie Mullins, a notamment fait sien la Grande Course de Haies d'Auteuil (Gr.1) et le Prix La Barka (Gr.2) à deux reprises sur la Butte Mortemart, à Auteuil, en plus d'avoir brillé dans le Grand Prix d'Automne (Gr.1) ainsi que dans le Morgiana Hurdle (Gr.1) de Punchestown, en Irlande.

 

Thousand Stars, meilleur fils de Grey Risk, avalant les haies d'Auteuil avec Ruby Walsh "in the saddle" (© APRH)

 

Fort des succès à plus haut-niveau de ses produits et alors qu'il venait tout juste de poser ses valises en terres cantalouses, Grey Risk a rapidement trouvé en Auvergne un souffle nouveau à sa carrière de reproducteur, nombre d'éleveurs de la région l'honorant de sa confiance, comme les familles Couderc, Sabatier, Delors, Vincent Corp et bien entendu Sébastien Constant,  lui  permettant de saillir une trentaine de juments par saison, notamment Anglo-Arabes, qui sont légion dans ce département de l'Auvergne. Proposé à un tarif défiant toute concurrence (600€ la saillie), Grey Risk s'est révélé comme étant un très bon reproducteur chez les Anglo-Arabes, étant notamment le père du vieux lion gris Alpha Risk, toujours là du haut de ses 12 ans, et encore vainqueur cette année du Prix Jean Granel sur le cross palois pour le compte du jeune entraîneur Hector de Lageneste.  Citons également Cigale de Lagarde, jamais plus loin que troisième en sept sorties publiques et gagnante notamment du Prix Roger de Vazelhes, à Dax, pour l'entraînement de François Nicolle, ainsi que Manhol, un pensionnaire de Thierry de Laurière très doué sur les obstacles, comme en attestent ses quatre victoires dans cette dsicipline sous les couleurs de la Bearn Arabians

 

Alpha Risk, l'un des meilleurs Anglo-Arabes par Grey Risk (© Robert Polin)

 

Après avoir débuté en plat dès ses 3 ans, discipline dans laquelle il s'est imposé à Auch, dès sa deuxième sortie, dans le Prix d'Eauze, avant de conclure troisième du Prix Carabine, à Tarbes, Domino du Raynal a rapidement été dressé sur les obstacles par son entraîneur-propriétaire Jean-Pierre Daireaux. Troisième pour sa première sortie en haies dans l'important Prix Le Becadier, à Toulouse, le fils de Grey Risk s'est ensuite imposé sur les "balais" d'Agen avant d'enchaîner par une seconde et une autre troisième place, à Pau, dans le Prix du Houga puis dans la Coupe des Anglo-Arabes - Grande Course de Haies des 3 ans. Absent des pistes pendant près d'un an, Domino du Raynal a fait sa réapparition fin 2018, sur les gros obstacles cette fois-ci, mais a mis un peu plus de temps à s'enclencher, ne terminant "que" cinquième des Prix Bonnefoy et Buros, puis septième et bon dernier du Grand Steeple-Chase des 4 ans Anglo-Arabes de Pau. Rassurant en mars 2019, terminant deuxième puis premier de deux steeples disputés à Mont-de-Marsan, ce dernier a observé une nouvelle interruption de carrière de plus d'un an et demi, avant d'effectuer un retour à la compétition victorieux ce dimanche, toujours sur l'hippodrome des Grands Pins, à l'occasion de ses premiers pas en cross-country.

 

Jean-Pierre Daireaux (à gauche), propriétaire-entraîneur de Domino du Raynal (© APRH)

 

Une discipline dans laquelle on prendra plaisir à le revoir dans le futur, très certainement cet hiver à l'occasion du prochain meeting palois, auquel prend souvent part son mentor, Jean-Pierre Daireaux, et ce avec une certaine réussite. De quoi faire de nouveau écho tout là haut, sur les hauteurs aurillacoises, au choix judicieux opéré par Sébastien Constant et ses collègues éleveurs auvergnats d'avoir ramené un fils de Kendor à deux pas de chez eux. Un étalon peu ou pas commercial, certes, mais dont les résultats des produits en course jusqu'à aujourd'hui suffisent à dire que ce "Grey Risk" s'est avéré payant !

 

 


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